L’automatisation robotisée des processus avec Power Automate Desktop et Copilot
Certaines applications semblent avoir traversé le temps sans jamais évoluer. Je crois que toutes les organisations en ont toutes au moins une.
Elles n’ont pas d’API, pas de connecteur, pas de documentation. Parfois même pas de bouton “Exporter”.
Pourtant, elles gèrent encore des pans entiers de la réalité : des factures, des commandes, des dossiers clients.
Et quand le métier a besoin d’automatiser ces processus, la solution ne vient pas d’un connecteur magique, mais d’une technologie plus pragmatique : la RPA, ou Robotic Process Automation.
Quand le RPA devient la colle du système d’information
La RPA agit là où les intégrations classiques échouent.
Un robot Power Automate Desktop reproduit les gestes humains : ouvrir une application, naviguer, copier des données, remplir un formulaire, enregistrer un fichier, envoyer un courriel.
Ce n’est pas de la science-fiction, c’est du concret.
Le robot utilise les mêmes interfaces que nous, mais avec une rigueur et une constance que personne ne peut maintenir huit heures d’affilée.
Et ce, quelque soit la résolution de l’affichage contrairement à ce que permettait de faire Microsoft Test depuis longtemps déjà.
C’est ainsi que les entreprises peuvent :
- fiabiliser leurs processus sans devoir moderniser tout leur parc applicatif ;
- automatiser des tâches répétitives dans des applications client-serveur ;
- faire dialoguer des outils qui n’ont jamais été pensés pour communiquer entre eux.
Le RPA transforme le poste de travail en terrain d’intégration universel, prolongeant l’automatisation jusque dans les gestes quotidiens.
La voix : un nouveau langage pour créer ses automatisations
Dans la plupart des démonstrations de Power Automate Desktop, on présente l’enregistreur de flux.
Cet outil permet de capturer les actions effectuées à l’écran : clics, saisies, ouvertures de fenêtres, etc.
Mais soyons honnêtes : il reste parfois un peu rigide, un peu technique, et surtout intimidant pour les non-spécialistes.

C’est pourquoi, lors de ma conférence à Rebuild Nantes, je veux mettre l’accent sur une approche différente :
plutôt que d’utiliser l’enregistreur, je parle directement à Copilot.
Je décris le processus à voix haute, étape par étape, et Copilot interprète mes instructions pour générer automatiquement le flux Power Automate Desktop correspondant.
Pourquoi c’est une révolution dans la conception
- La voix comme langage naturel d’automatisation
Je peux dire : “Ouvre l’application de gestion, exporte le rapport des ventes du jour, enregistre-le dans mon dossier Documents et envoie-le à mon gestionnaire.”
Copilot comprend, traduit et construit l’automatisation – sans que je touche une seule fois à l’enregistreur. - Accessibilité et créativité
Les utilisateurs métiers, même sans formation technique, peuvent concevoir leurs automatisations.
L’enregistrement se fait dans le dialogue, pas dans le clic. - Documentation implicite
En parlant, je fournis à Copilot la logique métier et le vocabulaire fonctionnel.
Le flux généré est automatiquement documenté par ma propre narration. - Gain de temps et d’intuition
Plus besoin de comprendre la structure interne d’un flux Power Automate : Copilot s’en charge.
Je reste concentré sur le “quoi”, pas le “comment”.
Bien distinguer les deux approches
- L’enregistreur Power Automate Desktop reste utile pour les scénarios complexes où chaque interaction visuelle compte : saisies dans une application ancienne, clics précis, détection d’éléments à l’écran.
- La création par la voix avec Copilot, elle, s’adresse aux utilisateurs qui veulent décrire un processus et laisser l’assistant construire la structure logique du flux.
Les deux ne s’opposent pas : ils se complètent.
Mais la voix, elle, ouvre une nouvelle porte : celle de l’automatisation instinctive.
Le concept de “Computer User” : l’agent Copilot s’installe sur le poste de travail
Autre avancée majeure : les agents Copilot ne se limitent plus au cloud.
Grâce au concept de Computer User, ils peuvent désormais agir directement sur le poste de travail de l’utilisateur connecté.
Concrètement, cela signifie :
- l’agent s’exécute dans la même session Windows que l’utilisateur ;
- il peut interagir avec ses applications ouvertes ;
- il manipule les fichiers locaux et déclenche des automatisations Power Automate Desktop dans le même contexte ;
- il agit avec les mêmes permissions que l’utilisateur, garantissant sécurité et cohérence.
Ainsi, l’automatisation ne vit plus dans un serveur ou une VM distante : elle habite le poste de travail.
L’agent Copilot devient un collaborateur numérique, capable de suivre une instruction vocale, de lancer un flux RPA, d’interagir avec les applications locales et de rendre compte du résultat.
C’est une continuité naturelle : la voix exprime l’intention, Copilot la comprend, Power Automate Desktop l’exécute.
Le Task Mining : comprendre pour mieux automatiser
Enfin, il faut évoquer un autre pilier discret mais essentiel de cette évolution : le Task Mining, issu de la technologie Minit, désormais intégré à Power Automate.
Le Task Mining observe, enregistre et analyse les activités des utilisateurs sur leur poste : clics, temps passés, séquences récurrentes.
Il identifie les patterns de travail et propose des opportunités d’automatisation concrètes :
- “Ce processus de saisie manuelle est identique pour 50 utilisateurs.”
- “Ce copier-coller récurrent pourrait être automatisé par un flux Desktop.”
Autrement dit, le Task Mining rend l’enregistreur Power Automate Desktop intelligent.
Il ne se contente plus de capturer des actions : il comprend le contexte, reconnaît les schémas, suggère des automatisations et mesure les gains.
C’est la boucle parfaite :
- le Task Mining découvre ;
- Copilot conçoit ;
- Power Automate Desktop exécute ;
- le Computer User vit l’automatisation directement sur le poste.
Conclusion
Le RPA n’est pas une relique du passé : c’est un pont entre l’ancien et le nouveau monde.
Et aujourd’hui, ce pont parle.
Grâce à la voix, à Copilot et au Computer User, l’automatisation s’installe sur le poste de travail, au plus près des utilisateurs.
Grâce au Task Mining, elle devient enfin mesurable, explicable et intuitive.
L’avenir de la RPA n’est pas de disparaître : c’est de s’humaniser.
Et il commence par une simple phrase :
“Copilot, montre-moi comment je pourrais automatiser ce que je fais tous les jours.”



























