Pourquoi les agents vont transformer radicalement le développement applicatif
Lorsque Steve Jobs monte sur scène pour présenter l’App Store avec l’iPhone, il ne lance pas seulement une nouvelle boutique logicielle. Il redéfinit complètement la relation entre l’humain et l’informatique personnelle.
Le slogan implicite de cette époque devient rapidement :
« There is an app for that »
Besoin d’un taxi ? Une application.
Commander à manger ? Une application.
Faire du sport ? Une application.
Lire ses courriels ? Une application.
Gérer ses finances ? Une application.
Pendant près de 15 ans, l’industrie entière s’est structurée autour de cette logique.
Mais nous sommes probablement en train d’assister à la fin de ce paradigme.
Et ce qui arrive ensuite est beaucoup plus profond qu’une simple évolution technologique.
Nous entrons progressivement dans un monde où :
l’utilisateur ne choisira plus une application ;
il demandera simplement à un agent d’accomplir une tâche.
Le vrai problème des applications modernes
Soyons honnêtes.
La majorité des utilisateurs n’utilisent qu’une infime partie des applications installées sur leur téléphone.
Des dizaines, parfois des centaines, d’applications :
- consomment du stockage ;
- exécutent des mises à jour permanentes ;
- sollicitent le processeur ;
- utilisent du réseau ;
- maintiennent des services en arrière-plan ;
- réclament des permissions ;
- génèrent des notifications.
Et pourtant, l’utilisateur revient toujours aux mêmes usages fondamentaux :
- communiquer ;
- rechercher ;
- consommer du contenu ;
- acheter ;
- réserver ;
- travailler ;
- collaborer ;
- produire.
Le modèle applicatif actuel a créé une fragmentation énorme de l’expérience utilisateur.
Nous espérions pouvoir simplifier l’expérience de nos utilisateurs; nous l’avons rendue plus complexe.
Chaque besoin implique :
- trouver la bonne application ;
- apprendre son interface ;
- comprendre sa logique ;
- naviguer dans ses menus ;
- maintenir son compte ;
- accepter ses mises à jour.
L’utilisateur s’est adapté à cette complexité parce qu’il n’avait pas vraiment d’alternative.
Mais l’intelligence artificielle générative change complètement cette dynamique.
L’arrivée des agents change tout
Le véritable changement n’est pas l’IA conversationnelle.
Le véritable changement, c’est l’agent.
Un agent n’est pas simplement un chatbot.
Un agent :
- comprend une intention ;
- décompose une tâche ;
- choisit les outils nécessaires ;
- orchestre des actions ;
- dialogue avec l’utilisateur ;
- appelle des services ;
- automatise des processus ;
- adapte dynamiquement l’expérience.
Autrement dit :
l’interface principale cesse d’être l’application ;
l’interface principale devient l’intention humaine.
Le téléphone « orienté agents » arrive déjà
Ce changement n’est pas théorique.
Il est déjà amorcé. https://www.entrepreneur.com/business-news/openai-is-preparing-to-launch-an-ai-phone-compete-with-iphone-samsung-galaxy
Des acteurs majeurs ont déjà annoncé ou démontré cette direction :
- OpenAI ;
- Apple ;
- Samsung ;
- Google ;
- Microsoft.
Les prochaines générations de téléphones ne fonctionneront plus principalement autour d’un écran rempli d’icônes d’applications.
C’est MAJEUR! Et cela va diriger l’industrie des technologies pour les 20 ou 30 prochaines années.
Des empires vont peut-être émerger, d’autres risquent de disparaitre.
Le téléphone deviendra progressivement :
- un orchestrateur ;
- un hub conversationnel ;
- un système d’agents spécialisés.
L’utilisateur dira :
« Organise mon déplacement à Montréal pour la semaine prochaine. »
Et l’agent :
- réservera l’hôtel ;
- comparera les vols ;
- proposera des restaurants ;
- vérifiera les réunions ;
- préparera les documents ;
- ajustera le calendrier ;
- remplira les formulaires nécessaires.
Sans que l’utilisateur ouvre manuellement :
- cinq applications ;
- trois sites web ;
- deux systèmes de réservation ;
- un calendrier ;
- un outil de notes.
Les applications ne disparaîtront pas complètement
C’est un point essentiel.
Beaucoup de gens imaginent une disparition totale des applications.
Ce n’est probablement pas ce qui va arriver.
Les applications vont plutôt :
- devenir invisibles ;
- être encapsulées ;
- être consommées comme des capacités ;
- être appelées par des agents.
L’application cesse d’être le point d’entrée principal.
Elle devient :
- un service ;
- un connecteur ;
- un outil spécialisé ;
- une capacité exposée à un orchestrateur.
Le retour du formulaire… mais intégré à l’agent
Un autre malentendu fréquent consiste à croire que tout deviendra conversationnel.
En réalité, certaines interactions nécessiteront toujours :
- des validations ;
- des structures ;
- des formulaires ;
- des interfaces précises.
Mais ces interfaces seront désormais intégrées dans le flux conversationnel de l’agent.
Par exemple :
flowchart TD
A[Utilisateur] --> B[Agent IA]
B --> C[Analyse du besoin]
C --> D[Détection d'une saisie<br>structurée nécessaire]
D --> E[Affichage dynamique<br>d'un formulaire]
E --> F[Validation]
F --> G[Automatisation<br>du processus]
G --> H[Retour conversationnel]Le formulaire ne disparaît pas.
Il change de rôle.
Avant :
- l’utilisateur ouvrait une application pour accéder à un formulaire.
Demain :
- l’agent produira ou utilisera dynamiquement le bon formulaire au bon moment.
C’est une différence énorme.
Pourquoi la Power Platform est au cœur de cette transformation
C’est précisément ici que la transformation actuelle de la Power Platform devient extrêmement intéressante.
Pendant longtemps :
- Power Apps représentait l’interface ;
- Power Automate représentait l’automatisation ;
- Power BI représentait l’analyse ;
- Dataverse représentait la donnée ;
- Copilot était vu comme une couche d’assistance.
Mais la logique change rapidement.
Aujourd’hui, tout converge progressivement vers :
l’agent comme point d’orchestration principal.
Et dans l’écosystème Microsoft, ce rôle est de plus en plus porté par Microsoft Copilot Studio.
Le nouveau centre de gravité : Copilot Studio
Copilot Studio devient progressivement :
- le cerveau orchestral ;
- le moteur conversationnel ;
- le coordinateur des outils ;
- le point d’entrée utilisateur.
Et autour de lui gravitent :
- Power Apps ;
- Power Automate ;
- Dataverse ;
- Microsoft Graph ;
- les connecteurs ;
- les API ;
- les agents spécialisés.
graph TD
A[Utilisateur] --> B[Copilot Studio Agent]
B --> C[Power Automate]
B --> D[Power Apps Formulaires]
B --> E[Dataverse]
B --> F[Microsoft Graph]
B --> G[Systèmes externes]
B --> H[API et connecteurs]
C --> I[Automatisations]
D --> J[Saisie utilisateur]
E --> K[Données métiers]C’est un changement majeur.
Historiquement :
- l’utilisateur naviguait entre les applications.
Demain :
- l’agent naviguera entre les capacités.
Power Apps va probablement profondément évoluer
Le modèle historique :
- Canvas App ;
- Model-Driven App ;
reste pertinent.
Mais il devient évident que le futur des interfaces sera beaucoup plus modulaire.
Les composants d’interface :
- cartes ;
- formulaires ;
- validations ;
- contrôles métiers ;
seront probablement consommés dynamiquement par des agents.
Autrement dit :
Power Apps pourrait progressivement devenir davantage :
- un fournisseur d’expériences UI ;
- un moteur de composants métiers ;
- une couche d’interaction structurée ; qu’une « application » au sens classique.
Et honnêtement, cela fait beaucoup de sens.
Power Automate devient un moteur interne des agents
Même phénomène pour Microsoft Power Automate.
Pendant des années :
- on construisait des workflows séparés ;
- visibles ;
- explicitement déclenchés.
Mais avec les agents :
- les automatisations deviennent implicites ;
- contextuelles ;
- intégrées dans la conversation.
L’utilisateur ne dira plus :
« Lance le workflow X. »
Il dira :
« Prépare le dossier client pour la réunion de demain. »
Et l’agent :
- choisira les automatisations ;
- exécutera les processus ;
- récupérera les données ;
- demandera les validations nécessaires.
L’automatisation cesse d’être visible.
Elle devient un outil interne de l’orchestration agentique.
Les entreprises ne sont pas prêtes
Et c’est probablement le point le plus important.
La majorité des organisations :
- pensent encore en silos applicatifs ;
- raisonnent en projets logiciels ;
- accumulent des interfaces ;
- multiplient les systèmes ;
- dupliquent les données ;
- reproduisent les mêmes processus.
Or les agents fonctionnent extrêmement mal dans un environnement chaotique.
Un agent dépend :
- de la qualité des données ;
- des permissions ;
- des processus ;
- des API ;
- de la gouvernance ;
- de la structuration documentaire.
C’est exactement la même réalité que celle observée avec Microsoft 365 Copilot :
Copilot n’organise pas le chaos informationnel.
Il l’amplifie.
Les agents feront exactement la même chose avec les processus métiers.
Le futur du développement applicatif devient orchestral
Pendant des décennies, le développement applicatif consistait à :
- construire une interface ;
- développer une logique métier ;
- exposer des fonctionnalités.
Demain, le développement consistera davantage à :
- exposer des capacités ;
- orchestrer des agents ;
- structurer des données ;
- gouverner des processus ;
- définir des intentions ;
- sécuriser les interactions.
Le développeur ne disparaît pas.
Son rôle évolue.
Le centre de gravité se déplace :
- de l’interface vers l’orchestration ;
- du logiciel vers le service ;
- de l’écran vers l’intention.
Nous sommes probablement au début d’un changement comparable à l’arrivée du smartphone
Beaucoup sous-estiment ce qui est en train de se produire parce que les agents sont encore imparfaits.
Mais l’iPhone de première génération aussi était imparfait.
Ce qui compte n’est pas l’état actuel.
Ce qui compte, c’est la direction du marché.
Et cette direction semble de plus en plus claire :
- moins d’applications visibles ;
- plus d’orchestration ;
- plus d’agents ;
- plus de capacités dynamiques ;
- plus d’interfaces contextuelles ;
- plus d’automatisation invisible.
Le paradigme :
« There is an app for that »
pourrait progressivement devenir :
« There is an agent for that »
Et ce changement risque d’être bien plus profond que beaucoup ne l’imaginent aujourd’hui.




























