Ce matin, j’ai reçu l’un de ces courriels que j’attends chaque année avec un mélange assez particulier d’impatience, d’espoir… et de stress.
Je suis renouvelé dans le programme Microsoft Most Valuable Professional pour une nouvelle année, dans les catégories M365 Copilot et Microsoft 365.
Voilà maintenant dix-huit années que cette aventure a commencé. Dix-huit ans, c’est long. Et pourtant, je ne parviens toujours pas à considérer ce renouvellement comme une simple formalité.
D’abord le doute, puis l’immense joie
Chaque année, le même petit scénario se répète.
On sait ce que l’on a fait. On se souvient des articles publiés, des conférences données, des formations préparées, des réponses apportées, des conversations engagées, des communautés accompagnées et des heures consacrées à transmettre ce que l’on apprend.
Mais on ne sait jamais complètement comment tout cela sera perçu.
Ai-je suffisamment contribué?
Mes contributions ont-elles encore été utiles?
Ont-elles réellement aidé les communautés?
Mon travail est-il toujours pertinent dans un écosystème technologique qui change aussi rapidement?
Puis le courriel arrive…

Et, pendant quelques secondes, je ressens chaque fois la même chose: une forme de soulagement, suivie d’une joie immense et d’une profonde gratitude.
Dix-huit années, mais toujours la même reconnaissance
Lorsque je repense à mes débuts dans le programme, je me souviens surtout des personnes qui m’ont inspiré.
Des experts qui partageaient énormément sans attendre de retour immédiat. Des personnes capables d’expliquer des sujets complexes avec simplicité. Des professionnels qui donnaient du temps aux communautés, répondaient aux questions et acceptaient de confronter leurs idées à celles du terrain.
Je ne vais pas tenter de les citer toutes ici. J’en oublierais forcément, et ce serait injuste. Mais plusieurs d’entre elles ont profondément influencé ma manière de travailler, de transmettre et de concevoir le rôle d’un MVP.
J’ai récemment essayé d’expliquer que le rôle de MVP était bien plus qu’un badge. Il repose sur une relation entre les communautés, les organisations et les équipes produit. Le MVP n’est ni un représentant commercial de Microsoft ni un porte-parole officiel. Il constitue plutôt une courroie de transmission entre les usages réels, les difficultés rencontrées sur le terrain et les personnes qui conçoivent les produits.
Dix-huit ans plus tard, c’est encore cette conception du programme qui me motive.
Bien davantage que des avantages techniques
Il serait hypocrite de prétendre que les avantages du programme ne comptent pas.
L’accès aux environnements, aux licences, aux ressources techniques et aux échanges avec Microsoft est extrêmement précieux. Cela me permet de tester les nouveautés, d’expérimenter, de comprendre ce qui arrive et de préparer plus sérieusement mes formations, mes articles et mes interventions.
Dans un univers où Microsoft 365, Copilot et les agents évoluent presque chaque semaine, pouvoir travailler directement avec ces environnements fait une véritable différence.
Il y a également la perspective de retourner au MVP Summit, sur le campus Microsoft de Redmond, au mois de mars prochain. Le Summit reste pour moi un moment privilégié: l’occasion de retrouver des personnes que j’apprécie, de rencontrer les équipes produit, d’échanger directement avec elles et de mieux comprendre les orientations qui se dessinent.
Mais la valeur principale du programme demeure ailleurs.
Être renouvelé, c’est être reconnu comme quelqu’un qui continue à investir du temps, de l’énergie et une partie de sa vie personnelle dans le partage des connaissances et dans les communautés.
Et cette reconnaissance me touche toujours autant.
Une année de recentrage
Je dois néanmoins être honnête: mon rapport aux communautés est en train d’évoluer.
Depuis quelques mois, je ressens une véritable lassitude face à certains modèles communautaires. Organiser un événement demande énormément de temps, d’énergie et de mobilisation. Lorsqu’au bout du compte très peu de personnes se déplacent ou participent réellement, il devient légitime de s’interroger.
Je consacrerai prochainement un article complet à ce sujet, car il mérite mieux que quelques paragraphes glissés dans une annonce de renouvellement.
Je ne souhaite pas abandonner les communautés. Je veux plutôt retrouver une manière de contribuer qui ait du sens, qui produise des échanges plus profonds et qui ne repose pas uniquement sur l’organisation répétée d’événements.
Le GuM365 demeure important pour moi. J’espère que nous pourrons continuer à accueillir de nouvelles personnes, à partager progressivement les responsabilités et à permettre à d’autres de prendre davantage de place.
Une communauté ne devrait pas dépendre éternellement de deux ou trois personnes. Elle doit être capable de se renouveler elle aussi.
Refaire de MuBrain un véritable think tank
Mon principal projet communautaire pour cette nouvelle année de MVP sera le redéploiement de MuBrain.
À l’origine, MuBrain devait être un think tank consacré à l’intelligence collective. Cette idée me paraît aujourd’hui encore plus pertinente qu’au moment où elle a été imaginée.
L’arrivée de l’intelligence artificielle générative et des agents remet la connaissance au centre de tout.
Un agent n’est pas intelligent simplement parce qu’il utilise un modèle puissant. Sa valeur dépend de la qualité de la connaissance à laquelle il accède, de la manière dont cette connaissance est structurée et de la capacité d’une organisation à préserver son contexte, son expérience et sa mémoire.
C’est précisément le sujet que je souhaite approfondir avec MuBrain: comprendre comment la connaissance humaine, les conversations, les documents, les compétences et l’intelligence collective peuvent enrichir le fonctionnement des agents.
Qu’il s’agisse de Microsoft 365 Copilot, de Copilot Cowork, de Claude Cowork ou des prochaines générations d’assistants, la véritable question ne sera bientôt plus seulement: quel modèle utilisons-nous?
La question sera plutôt:
De quelle connaissance cet agent dispose-t-il, et pouvons-nous réellement lui faire confiance?
J’ai déjà commencé à explorer cette réflexion dans mon article sur la gestion de la connaissance comme infrastructure critique pour les agents IA. J’y défends l’idée que les agents ne pourront être fiables que si les organisations recommencent à traiter leur connaissance comme un actif stratégique.
Cette réflexion se prolonge également dans ma comparaison entre Copilot Cowork et Claude Cowork, qui montre que nous entrons progressivement dans une nouvelle génération d’agents capables de prendre en charge des séquences de travail beaucoup plus complètes.
MuBrain doit redevenir le lieu où ces questions peuvent être explorées librement, avec des professionnels, des chercheurs, des formateurs, des utilisateurs et des personnes simplement curieuses de comprendre ce qui est en train de changer.
Pas uniquement sous la forme de grandes conférences.
Plutôt sous la forme de rencontres, de conversations, d’expérimentations et de réflexions collectives.
Merci pour cette nouvelle année
Je veux terminer cet article en remerciant les équipes du programme MVP, ainsi que les responsables communautaires et les membres des équipes produit qui ont pris le temps d’examiner mes contributions.
Merci d’avoir estimé que mon travail, mes publications, mes formations et mon implication méritaient de prolonger cette aventure.
Je mesure pleinement la chance que représente cette reconnaissance.
Après dix-huit années, je pourrais prétendre que je m’y suis habitué.
Ce serait faux.
Je ressens encore la même fierté. Le même soulagement. La même envie de retrouver les autres MVP. La même impatience de retourner à Redmond. Et surtout, la même envie de comprendre, d’expérimenter et de partager.
Une nouvelle année commence.
Elle sera probablement moins consacrée à multiplier les événements et davantage orientée vers des rencontres porteuses de sens, vers MuBrain, vers l’intelligence collective et vers la connaissance qui donnera réellement de la valeur aux agents mais aussi toujours aussi vers le GuM365.
Merci à Microsoft de me permettre de continuer l’aventure.
Et merci à toutes celles et ceux qui, depuis dix-huit ans, lisent mes articles, participent aux rencontres, assistent à mes conférences, posent des questions, contestent mes idées et m’obligent à continuer à apprendre.
Sans vous, ce titre n’aurait tout simplement aucun sens.




























